Alentejo


A Lisbonne, on a le choix entre deux ponts pour enjamber le Tage (Tejo) et aboutir dans le pays ‘au-delà’ (além) du Tage, l’Alen-tejo. Le chêne-liège prédomine dans ce paysage vallonné, bien que l’olivier et l’eucalyptus prennent de plus en plus d’importance. Ces arbres représentent l’activité économique principale mais, dans le même temps, l’Alentejo représente un cinquième de la production totale de vin au Portugal.
Il est incontestable qu’il y fait chaud. On produit donc principalement des vins de soleil, qui sont déjà un peu trop mûrs à notre goût. Quelques exceptions valent toutefois la peine. Ces dernières ne sont pas produites par hasard dans des endroits où la température est plus douce. Nos vins de l’Alentejo se caractérisent par un style épicé et puissant, mais savent toujours conserver une certaine fraîcheur.

Cette région étendue est bordée par le Tage, qui pénètre dans le pays environ 25 km au-dessus de la Serra de São Mamede depuis l’Espagne pour se jeter dans l’océan juste en-dessous de Lisbonne. Toute la région située au sud de celui-ci, sur une distance de 250 km, forme l’Alentejo.
Bien que ce soit clairement la région la plus chaude du Portugal, les températures moyennes varient néanmoins considérablement du nord au sud. La région entourant la ville de Beja, au sud, atteint presque 25° C en juillet et en août. En septembre il fait encore 22,5° C et les maximas en juillet et août dépassent même parfois les 45° C. À Portalegre, dans le nord, les maximas dépassent rarement les 40° C et les moyennes pour les 3 importants mois d’été se situent un degré plus bas. Cela fait une grosse différence pour la production de vin.
La viticulture de l’Alentejo a une longue histoire et, avec plus de 23% du volume total produit au Portugal en 2014, la région est clairement en progression. On en consomme la plus grande partie (46%) directement au Portugal. Le rouge représente 80% de la production, ce qui est logique compte tenu de la chaleur du climat.
On ne sait pas précisément quand la viticulture a débuté dans la région, mais il est avéré qu’on pouvait déjà y trouver des vignes domestiquées avant l’arrivée des Phéniciens. Les Grecs ont laissé avec leurs petites amphores beaucoup de traces indiquant une activité viticole croissante, mais ce sont les romains qui marquèrent le plus leur empreinte en introduisant de grandes amphores en terre cuite (talhas de barro) dans lesquelles ils faisaient fermenter le jus de raisin. Suite à l’arrivée des Maures, la viticulture a presque complètement disparu, mais cette tradition de vinifier en amphores a survécu, tandis que cette pratique a été perdue dans d’autres régions portugaises.
La production de vin a ensuite traversé les siècles avec des périodes de succès et de crises. Après la plaie du phylloxera et les guerres mondiales du 20ème siècle, les vignobles ont souvent été remplacés par d’autres cultures avant de réveiller l’intérêt à partir des années 1980.
Le premier DOC fut approuvé en 1988 et, comme partout en Europe méridionale, de nombreux nouveaux projets ont été lancés avec le soutien de fonds de l’UE.
On trouve aujourd’hui près de 260 producteurs et une centaine de commerçants qui achètent du raisin ou du vin, représentant 20.000 ha dont un peu plus de la moitié en DOC.
Le vin rouge DOC doit comprendre au moins 75% d’un mélange des cépages suivants : Alfrocheiro, Bouschet Alicante, Aragonez, Cabernet Sauvignon, Castelao, Syrah, Touriga Nacional, Trincadeira. De plus, 25 autres cépages indigènes et exotiques sont autorisés pour un total maximum de 25% de l’assemblage.
Le vin blanc DOC doit être composé à au moins 75% d'un mélange de Antão Vaz, Arinto, Fernão Pires, Rabo-de-Ovelha, Roupeiro (Siria) et de quelques cépages moins plantés. En outre, quelques 30 autres variétés sont autorisées dans des pourcentages plus faibles.
Pour des raisons climatiques, nous trouvons surtout notre bonheur dans la partie nord de l’Alentejo.
Autres vins de Alentejo Tous see all