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Vinho do Porto et le Douro, uma história especial, parte 3

11 juillet 2026 par
Kris Jeuris

Nous clôturons la série sur Porto et le Douro en nous penchant de plus près sur deux maisons de porto et de vin emblématiques de la région. Nous faisons d'abord le point sur l'importance de Niepoort Vinhos aujourd'hui puis, pour le dessert, nous partons encore vers l'un des endroits les plus remarquables du Douro : Quinta do Vale Meão.


Niepoort au XXIe siècle

Aujourd'hui, l'entreprise est dirigée par Dirk Niepoort, cinquième génération de la famille. On ne saurait surestimer son importance. Jusqu'en 1990, la maison n'avait produit que du porto, mais Dirk voulait aussi faire des vins non mutés. Il n'a pas été le premier dans le Douro à renouer avec cette pratique après 200 ans de production exclusive de porto, mais par sa vision et son ouverture d'esprit, il a tout fait accélérer. 

Il avait tout de suite compris qu'un bon vin du Douro ne pouvait pas forcément provenir des mêmes vignobles que les meilleurs portos. Les raisins à porto doivent voir le soleil pour gagner en concentration, alors qu'un vin blanc ou rouge doit surtout préserver l'équilibre entre acidité et sucre. Dans le climat chaud du Douro, cela veut dire chercher des « solutions à la chaleur ». Dirk a été le premier à travailler avec des vignobles situés plus haut, donc dans des parties plus fraîches de la vallée. 

Il a aussi résolument embrassé le patrimoine du Douro. Alors que partout dans le monde la diversité des cépages dans les vignes était troquée contre une monoculture « plus efficace », de très nombreuses vieilles plantations ont été préservées dans le Douro. Dirk Niepoort n'y voyait que des avantages. 

Au-delà de 30 ans, une vigne donne beaucoup moins de raisins, mais d'une bien meilleure qualité. Les ceps résistent aussi beaucoup mieux aux conditions météo difficiles. Leurs racines plongent profondément et ont plus longtemps accès à l'eau.

Les vieux vignobles du Douro sont aussi des plantations mixtes. On n'y trouve pas un seul cépage, mais jusqu'à 30 variétés différentes plantées pêle-mêle. C'est une excellente base pour faire des vins équilibrés, y compris en ces temps de changement climatique.

 

« field blend », « complantation », bon sens paysan

La plantation mixte, où de nombreux cépages différents ou de nombreux clones d'un même cépage sont plantés pêle-mêle, connaît aujourd'hui un net renouveau. Il y a 100 ans, c'était tout simplement la norme. Les paysans voulaient de préférence une récolte chaque année. Pour anticiper au mieux les caprices de la nature, on misait donc sur la diversité : en plantant pêle-mêle de nombreux cépages, on avait la plus grande certitude de récolter. Un cépage supporte mieux la chaleur et la sécheresse, un autre l'humidité. Certains sont sensibles à une maladie mais moins à une autre. En mélangeant tout, on était sûr d'une récolte quelle que soit la météo. Ce n'était pas de la science, mais du bon sens paysan.

Dans la seconde moitié du XXe siècle, cette méthode a presque partout été abandonnée car jugée peu pratique. Rien que les courbes de maturité différentes de tous ces cépages rendent les plantations mixtes très exigeantes en main-d'œuvre.

Les progrès technologiques du XXe siècle ont en outre fait croire aux vignerons que la monoculture, combinée aux engrais et aux pesticides, était la solution parfaite. Les plantations mixtes ont été rationalisées jusqu'à disparaître.

Aujourd'hui, nous assistons au mouvement inverse. Le changement climatique a un impact énorme sur la viticulture. Soudain, pour des raisins qui peinaient autrefois à mûrir, il faut se méfier d'une maturité excessive. Et la plantation mixte redevient une bonne idée. Si le Chardonnay devient trop mûr, l'Aligoté peut venir à la rescousse avec son acidité, pour ne citer qu'un exemple.

Partout dans le monde, on voit donc des vignerons revenir aux anciennes pratiques.

 

Et puisque nous parlons de patrimoine : dans un marché du porto en recul, Niepoort veille surtout à ne pas jeter le bébé avec l'eau du bain. Il continue d'embrasser la tradition du porto. Alors que jusque dans les années 1990 la quasi-totalité du vignoble du Douro était destinée au porto, la moitié sert aujourd'hui au vin non muté. Beaucoup de maisons de porto n'en font plus une priorité.

Chez Niepoort, c'est tout le contraire. Quelle que soit l'importance et l'étendue prises par la gamme de vins, le porto reçoit toujours autant d'attention. On cherche toutefois constamment à éviter que le côté sucré ne prenne le dessus. Le porto de Niepoort se veut plus sec et plus frais, et cela séduit sans conteste un nouveau public.


Quinta do Vale Meão

À la fin du XIXe siècle, Quinta do Vale Meão fut l'aboutissement de l'œuvre de Dona Antónia Adelaide Ferreira. Ses descendants font encore aujourd'hui pleinement honneur à son héritage.

Au milieu du XIXe siècle, Dona Antónia prit la direction de la maison de porto familiale, alors moribonde. Elle allait en faire l'un des producteurs les plus puissants et devenir de loin la plus grande propriétaire terrienne de la région. La liste des domaines qu'elle a acquis pour la famille Ferreira au cours de sa carrière est tout bonnement stupéfiante. Vargellas, Vallado, Vesuvio : ce ne sont que quelques-unes des plus de 20 quintas achetées, qui allaient acquérir au XXe siècle une renommée mondiale auprès des amateurs de porto. 

Dans le même temps, elle s'imposa aussi comme la grande mécène de la région, notamment en construisant des écoles, des parcs et d'autres équipements pour la population locale.

En 1877, Dona Antónia acheta ainsi 300 ha de terres à la commune de Vila Nova de Foz Côa, dans le Douro Superior. Son ambition était d'y créer de toutes pièces un vignoble modèle. Le projet ne fut achevé qu'en 1895, un an avant sa mort en 1896, mais c'est ainsi que naquit Quinta do Vale Meão, qui est restée jusqu'à ce jour entre les mains des descendants de Dona Antónia.

De Barca Velha à Vale Meão, plus de 65 ans d'excellence

À la fin des années 1940, Fernando Nicolau de Almeida, alors vinificateur de la maison de porto Ferreira, parvint à convaincre son employeur de faire dans le Douro un vin inspiré des grands châteaux qu'il avait visités à Bordeaux. Le fait qu'il ait épousé l'une des filles de la famille Ferreira aida, et Nicolau de Almeida put ainsi poursuivre son rêve de créer le grand vin icône portugais. 

C'est ainsi qu'en 1952 naquit à Quinta do Vale Meão un vin baptisé du nom du vieux bac qui faisait la traversée à hauteur du domaine : Barca Velha, autrement dit le vieux bac. 

Barca Velha est effectivement devenu le vin icône dont rêvait Fernando, mais il n'a pas acquis une notoriété mondiale comme Vega Sicilia en Espagne, par exemple, car la production est restée très limitée et a été vendue presque exclusivement sur le marché intérieur.

 

Lorsque Francisco Javier de Olazabal, descendant de Dona Antónia à la quatrième génération, devint directeur chez Ferreira dans les années 1970, il commença à racheter progressivement toutes les parts de Vale Meão au sein de la famille. À partir de 1994, il en devint le propriétaire à part entière, si bien que ce domaine exceptionnel resta dans la famille quand Ferreira fut vendu à la fin des années 1990 au grand groupe Sogrape. Celui-ci dut alors chercher un nouveau vignoble pour son Barca Velha. Aujourd'hui, il fait appel pour cela aux raisins de Quinta da Leda, quelques kilomètres plus loin dans le Douro. 

Jusqu'en 1998, la famille Olazabal continua de livrer des raisins pour le Barca Velha, mais à partir de 2000, toute la récolte resta au domaine pour la production du premier Quinta do Vale Meão sous sa propre étiquette. L'ambition ne pouvait être que très grande. Le ton avait en effet été donné par Barca Velha. Un nouveau vin issu des mêmes vignobles célèbres ne pouvait pas démériter.

Dès lors, Francisco « Xito » Olazabal reprit progressivement le rôle de son père. Au fil des années suivantes, il affina énormément son vin, jusqu'à être reconnu aujourd'hui sur le plan international comme l'un des plus grands vins rouges du Portugal. Quinta do Vale Meão est un assemblage principalement de Touriga Nacional, complété de Touriga Franca, Tinta Barroca et Tinta Roriz. Le vin est élevé en fûts de chêne français, dont 80 % sont renouvelés chaque année. C'est un vin puissant, mais qui garde toujours son équilibre.

À côté de la cuvée de prestige, le domaine produit aussi avec le Meandro une version plus accessible, élevée dans des fûts plus anciens en raison d'une concentration plus limitée. Bien que ce vin soit destiné à être bu plus jeune, il vieillit aussi formidablement bien en bouteille.

Vous préférez goûter plutôt que lire ? Découvrez tous nos portos, les vins de Niepoort et ceux de Quinta do Vale Meão, ou découvrez la région du Douro.